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Pierre Sancinéa pilote sa vie comme une Formule 1


Pierre Sancinéa pilote sa vie comme une Formule 1

COMPETITION. Troisième du championnat de France de monoplace (F4), le Rouennais Pierre Sancinéna (20 ans) mène sa vie à fond pour devenir un jour pilote professionnel.

«Redoubler » lui a fait le plus grand bien. Pour sa seconde saison en championnat monoplace F4, l’école des pilotes de circuit, Pierre Sancinéna s’affirme comme un véritable espoir parmi les jeunes volants français.

Espoir ou déjà plus tout à fait. Car avec ses 20 ans tout ronds (depuis ce jeudi), le jeune homme de Mont-Saint-Aignan ferait presque office d’ancien au sein de la pépinière de l’Autosport Academy du Mans, support du championnat de France F4. Academy qui est la digne descendante de la filière Elf, créée en 1993 afin de promouvoir les pilotes français au plus haut niveau.

Ses principaux adversaires ont parfois à peine plus de quinze ans. « Pierre est un pilote arrivé chez nous à un âge déjà avancé et n’affichait pas l’expérience internationale des autres pilotes. A peine une seconde place au volant ACO », note Pierre Lollier, le directeur sportif de l’Autosport Academy, lui-même des Essarts. « Il a rapidement compensé ce handicap par une forte maturité, de la rigueur dans le travail. En une saison, bien servi par ses facultés d’écoute, il a rattrapé le retard et a désormais les capacités pour évoluer au haut niveau. » Presque élogieux envers le fan de Mark Weber (coéquipier de Sebastian Vettel en F1 chez Red Bull).

Pour l’heure, Pierre Sancinéna doit mener trois vies de front s’il veut un jour réaliser son rêve : devenir un professionnel du sport automobile. « L’objectif est d’en vivre », explique-t-il, « que ce soit en monoplace (World Series Renault 3.5, GP2), en endurance (LMP2, Formula Le Mans) au travers du championnat du monde qui se met en place (sur la base des Le Mans Series). » Et pourquoi pas la F1 ? « C’est évidemment le projet de chaque pilote, mais il n’y a que 24 places. Décrocher un baquet en F1, c’est avant tout un concours de circonstances. » Pilote de course un week-end par mois sur les plus grands circuits, en France (Castellet, Albi, Nogaro) et en Belgique (Spa-Francorchamps), Pierre Sancinena consacre le reste de son temps à ses études d’ingénieur en aérodynamique – il est en 2e année à l’Insa (Institut national des sciences appliquées) de Rouen. Des études aménagées, grâce à son statut de sportif de haut niveau (catégorie espoir). « C’est tout à l’image de Pierre, capable de jouer sur les deux tableaux, passant d’un jour sur l’autre d’un côté ou de l’autre de la barrière », se félicite Christophe Lollier. « Mon objectif reste le pilotage », confie l’étudiant. « Maintenant, devenir ingénieur en F1 serait aussi une belle roue de secours. »

Même son stage de fin de première année d’études l’a sans doute un peu plus rapproché du métier de pilote professionnel. Un stage consacré cet été au montage de la R2l, sur les lignes de l’usine Renault Sport à Dieppe. Pour le moment, c’est au volant d’une Renault 1.6l qu’il court. A deux épreuves de la fin de la saison, il se place d’ailleurs en 3e position du champion F4. Son but : accéder à la catégorie supérieure la prochaine saison, au volant d’une Renault 2l. Pour cela, il doit dégoter un budget conséquent. Pas moins de 250 000 € pour financer une saison dans une écurie privée. Une étape dans sa carrière, car l’on demandera à l’as du volant d’aborder la compétition quasiment dans la peau d’un professionnel.

« Après les cours et les entraînements quotidiens, je passe énormément de temps, chaque jour, à démarcher des partenaires financiers », confie le jeune Rouennais. « Cela demande une organisation digne de celle d’une entreprise. En mettant en place de véritables formules de partenariat au-delà de la simple publicité (invitations aux courses, stage de pilotage sur un proto Pescarolo au Mans…) on finit par multiplier les contacts. Et parfois cela paie comme avec VIVAGO, diffuseur d’une montre capable d’optimiser notre rythme biologique. »
Une montre que, déjà, Pierre Sancinéna ne quitte plus.

Quatre jours sur le circuit

Le dernier rendez-vous de la saison, pour Pierre Sancinéna, se tiendra les samedi 29 et dimanche 30 octobre sur le circuit Paul Ricard, au Castellet. Un week-end qui marquera l’aboutissement d’une semaine, menée tambours battants. En voici un aperçu. - Du lundi au mercredi, cours à l’Insa (Institut national des sciences appliquées) de Rouen de 8 h à 17 h, puis une heure de prise de contact avec des partenaires potentiels. 18 h : course à pied ou musculation. Soir : repas, devoirs scolaires.
- Du jeudi au dimanche, Pierreconsacre tout son temps à la course. Jeudi : sur le lieu de la course, simulateur et tour virtuel (exercice de concentration et de visualisation du circuit, chronomètre à la main) puis repérage du circuit à pied avec les instructeurs de l’Autosport Academy. Vendredi : briefing et et première séance d’essais libres, débriefing avec le responsable technique et les ingénieurs. Samedi matin : séances de qualification, après-midi : première course.
Dimanche matin : seconde course, midi : débriefing.

Sources : http://www.paris-normandie.fr - mardi 25 octobre 2011 - CHRISTOPHE FREBOU