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Dépendance : Le maintien au domicile du futur testé dans le Bas-Rhin

L'Alsace / Dépendance / 25 novembre 2010

Initiative inédite en France, le conseil général du Bas-Rhin va expérimenter sept projets visant à faciliter le maintien à domicile des personnes dépendantes, grâce aux nouvelles technologies.

L'Alsace - Dépendance

D'ici le début de l'année prochaine, 200 ménages bas-rhinois vont bénéficier chez eux d'aménagements destinés à aider les personnes en situation de dépendance : des écrans tactiles connectés à internet pour " visiophoner " à ses proches, stimuler son activité cérébrale en jouant ou appeler en urgence un médecin. Des capteurs pour allumer automatiquement les lumières et alerter les secours en cas de chute, ou d'absence de mouvement prolongée dans la maison. Des dossiers en ligne facilitant les transmissions d'informations sur l'habitant du logement, entre infirmières et aides de vie - une nécessité quand on sait que six à douze personnes se succèdent au domicile d'une personne âgée ou handicapée.

Ces expériences figurent au programme des sept projets retenus par le Département du bas-Rhin (sur 17 candidatures), et dévoilés mardi, à paris. " Nous avons actuellement 74 000 habitants de plus de 75 ans, nous en aurons 124 000 en 2025, a souligné Guy-Dominique Kennel, président du conseil général. Pour prendre en charge les personnes dépendantes, la réponse ne peut pas être la maison de retraite : cela supposerait de créer 60 établissements de 80 places chacun, ce qui est techniquement infaisable et financièrement impossible. "

Les projets :

•  PASS BIEN-ETRE, Centre intercommunal d'action social de Niederbronn-les-Bains, avec la société Vivago (montres munies de capteurs actimétriques et de systèmes d'appels d'urgence) et l'Abrapa.

•  DIAM'S, de la société niçoise Serviligne, avec Mut'Est Services et 2APA.

•  ADORHA, du CEP-Cicat d'Eckbolsheim, avec le bailleur Opus 67, le promoteur Nouvelles Maisons d'Alsace et la société de technologies domotiques Hager.

•  KENORA RESODOM, de la start up strasbourgeoise d'édition de logiciel Kenora technologies, en partenariat avec des médecins, des associations et entreprises de services à la personne.

•  ALYACOM, une société proposant de la télé-assistance par téléphone mobile, en partenariat avec l'Abrapa.

•  HABITAT CONNECTE, par Extelia (La Poste), avec les sociétés Vivacœur et Kayentis, et l'Abrapa.

•  SOLUTION INTEGREE, par l'Abrapa, avec entre autres partenaires Cebea (filiale de Toshiba basée à Strasbourg), et les communautés de communes de Sauer-Pechelbronn, la haute-Bruche et le pays de Wissembourg.

Un budget de 2,7 millions d'euros

Le Département a donc lancé un appel à projet pour favoriser le maintien à domicile des personnes âgées ou handicapées, notamment grâce aux nouvelles technologies. Une initiative " unique sur le plan national " selon Guy-Dominique Kennel, qui compte étendre d'ici deux ans ces expérimentations à l'ensemble rurale TIC et santé, l'émergence d'activités innovantes.

Sur les 2,7 millions d'euros consacrés aux sept projets, le Département en financera 1,1 million. Le reste proviendra des porteurs de projets eux-mêmes : des entreprises, comme Extelia, une filiale de La Poste ( qui accueillait d'ailleurs la conférence de presse en son siège parisien) ou l'éditeur de logiciel strasbourgeois Kénora Technologies ; une association d'aide à la personne, l'Abrapa, porteuse d'un projet et partenaire de trois autres ; et une collectivité locale, la communauté de commune du Pays de Niederbronn-les-Bains, à travers son centre intercommunal d'action sociale (CIAS).

" 30 familles connues de notre prestataire, l'Abrapa, vont bénéficier du projet pendant 20 mois, pour un investissement total de 100 000 Euros financé à 50% par le Département ", indique Joëlle Gasser-Dossmann, directrice des services de la communauté de communes. Et ensuite ? " Nous avons actuellement 45 000 personnes de plus de 65 ans, mais il est difficile de savoir combien seront assez indépendantes pour pouvoir utiliser ces outils. Il sera aussi compliqué d'étendre le système. Tout le monde n'aura pas les moyens d'acquérir du matériel ou de payer des abonnements internet. Il faudra trouver d'autres sources de financement... "

Pour le Département du Bas-Rhin, qui consacre déjà 200 millions d'euros à la dépendance, le jeu en vaut néanmoins la chandelle. A l'issue de la période d'expérimentation, il lancera une procédure d'achat public pour déployer les solutions les mieux éprouvées sur le terrain.

Simon Barthélémy

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