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Un bracelet d'alerte en maison de retraite

Il n'y a pas d'âge pour faire le mur

Près de Lille, une maison de retraite a équipé de bracelets électroniques ses résidents souffrant de la maladie d'Alzheimer. L'objectif ? Signaler automatiquement les malaises et éviter les fugues.

Source : JSMag - Juin 2009 - Afsané SABOUHI

Un bracelet d'alerte en maison de retraite
La plupart des résidents de la maison de retraite Gilbert Forestier, à Lomme (59), est sous surveillance électronique.

« Au début, je m'suis dit c'est une drôle de montre ! Pas d'aiguilles, pas de chiffres. Et puis j'ai compris. En fait c'est une alarme ", plaisante Jeanine Valescant, 82 ans. Tout en parlant, la vieille dame désigne en riant le bracelet gris qui entoure son poignet et contraste avec se jupe fleurie. Ce matin, dans la véranda lumineuse de l'établissement Gilbert Forestier, à Lomme (59), les cinquante-quatre résidents sont tranquillement installés dans leurs fauteuils. Gym douce avec les kinés, lecture, tricot ou mots croisés, chacun s'adonne à l'activité de son choix. Une constante : la plupart porte en permanence cette "drôle de montre" triple fonction. Si un bouton permet aux personnes âgées d'appeler les soignants, le bracelet prévient aussi automatiquement le personnel an cas d'inactivité totale (perte de connaissance, malaise). Il peut aussi inclure, si nécessaire, une fonction anti-fugue qui déclenche le verrouillage des portes de l'établissement dès qu'un pensionnaire s'en approche. Dans les trois cas, le dispositif émet des ondes radio. Détecté par l'une des six bornes réparties dans la résidence, ce signal est centralisé par un ordinateur qui alerte le personnel soignant sur son téléphone portable. C'est l'option anti-fugue qui a particulièrement convaincu la direction d'investir en 2003 les 40 000 nécessaires pour équiper l'établissement. Désignant du regard la porte principale offrant un accès direct sur un boulevard très passant, Mireille Wascat, infirmière référente et responsable de la résidence se souvient :
« Avec 80% de nos malades d'Alzheimer, l'équipe vivait dans un stress permanent à l'idée qu'une personne âgée fugueuse se fasse renverser par une voiture ou ne retrouve pas son chemin. »

Le bracelet appel malade Vivago Des soignants plus sereins
Mais les autres fonctions du bracelet ont très vite révélé elles aussi leurs avantages à l'équipe soignante. Alors qu'elle termine l'injection quotidienne d'insuline d'un résident diabétique, Morgane, l'une des trois infirmières du site, confie :
« C'est bien plus sécurisant de savoir que, quoiqu'il arrive, un soignant est alerté dans les dix minutes. Nous sommes beaucoup plus réactifs s'il y a besoin de prévenir les secours. » Revenant vers son chariot dont les tiroirs contiennent les médicaments de chaque résident, la jeune femme souligne aussi l'intérêt pour le personnel soignant d'être averti directement sur son portable. Terminé les sonnettes stridentes qui retentissaient toutes en même temps, l'infirmière peut désormais choisir la sonnerie qui l'alerte. Un facteur de stress en moins pour les soignants.
Parmi les résidents, l'utilité du bracelet est diversement perçue. Ghislaine, la benjamine de la maison, âgée de 64 ans et atteinte d'une trisomie 21 n'a pas véritablement conscience de l'intérêt du dispositif qu'elle porte au poignet. Son visage, troublant contraste entre sourire enfantin et peau marquée par les signes de l'âge, s'éclaire bien davantage lorsqu'elle observe les oiseaux dans leur cage que lorsqu'on lui parle de son bracelet. Mais il n'est pas inutile pour autant, comme en témoigne Fabienne Lauret, l'une des aides-soignantes :
« Les résidents atteints d'Alzheimer se souviennent rarement qu'ils peuvent appuyer sur le dispositif en cas de besoin. Mais en cas de chute, le système est particulièrement efficace. » Pour Yvonne Franck, 94 ans, qui ne souffre pas d'Alzheimer mais porte le bracelet malgré tout, l'objet est avant tout une sécurité. « Ca me rassure de l'avoir. On ne sait jamais. Si je tombe, si je fais un malaise, je ne voudrais pas rester toute seule », confie la vieille dame, qui effectue quelques exercices de kiné sur l'air de La Java bleue.

Des familles sompréhensives
Pour les familles des résidents aussi, le bracelet est perçu comme un dispositif rassurant. « Nous n'avons jamais eu de famille qui s'oppose au port du bracelet, cette solution est souvent d'emblée très bien acceptée », précise Mireille Wascat, la responsable de la résidence. Et lorsque les familles émettent des réserves sur ce système (entrave à la liberté ou sensation d'emprisonnement), un entretien avec l'équipe soignante suffit généralement à lever leurs craintes. D'autant que le port du bracelet est une condition sine qua non d'accès à la résidence pour les personnes âgées connues comme fugueuses. Attablée quelques instants dans la salle de repos des aides-soignantes, Fabienne Lauret avance une explication :
« Les familles perçoivent très vite qu'ici on n'emploie pas la technologie au détriment de l'humain. Au contraire, ce système de bracelet rend les soignants plus sereins. Leur prise en charge des résidents est plus à l'écoute, plus individualisée. »

Une qualité de la relation humaine revendiquée également par Mireille Wasquat. « A la différence du travail de soignant à l'hôpital, nous accompagnons ici des personnes sur des périodes très longues, jusqu'à la fin de vie. Cela crée une proximité affective forte », souligne-t-elle avant de s'assoir au côté d'Albert Huglo, 90 ans, l'archétype même du papy à casquette, pour partager quelques impressions de lecture. Sans fil certes, mais pas sans lien...

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